Technique mixte, 60 x 90 cm, 2010
Après les cours, l’objet de ma réflexion me tend une embuscade.
– Où étais-tu hier ?
– Je me sentais mal alors je suis rentrée chez moi.
– Inutile de s’inquiéter au sujet des examens, au point de te rendre malade.
J’apprécie sa sollicitude, même si elle est totalement à côté de la plaque. Comme je reste muette, il pose sa main sur mon front et me regarde d’un air soucieux.
– Tu ne sembles pas avoir de fièvre. Je passerai tout de même à la pharmacie, ma réserve de médicaments est plutôt sommaire.
Soudain, j’éprouve une envie irrésistible de me jeter à son cou. Lorsque mes bras l’emprisonnent, il reste stupéfait un instant, puis, demande :
– Qu’est-ce qui t’arrive ?
– Je t’aime.
– Tu es bizarre, aujourd’hui, et je crois que tu délires. Je te rejoins à l’appartement, à moins que tu veuilles rester chez tes parents ce soir ?
Saisie d’une impulsion irrésistible, je secoue la tête.
Par ce simple geste, je suis mon cœur, une fois de plus, et abandonne toute prudence.