Technique mixte, 60 x 90 cm, 2010
Nous franchîmes cette période désertique, à l’aide d’une multitude de feuilles de papier. Je commençai cette tradition involontairement, un matin, en rentrant du travail. L’oreiller inoccupé de Lyse dont je supportais la vue depuis des mois, me désespéra. Je m’emparai de mon bloc à dessin et y déversai un torrent de mots, décrivant, en détail, le sentiment de manque que cet objet m’inspirait. Il n’était pas prévu au programme, que Lyse pose ses yeux sur cette missive enflammée. De mon inconscient ou d’une intense fatigue, je ne sais lequel blâmer de l’oubli de ces feuilles, abandonnées sous l’oreiller.
Le lendemain matin, la réponse de Lyse m’attendait sur le lit. Si je regrettais, en premier lieu, mon épanchement, sa lettre débordante de sentiments me persuada de la futilité de mon repentir. Cette nuit-là, il me sembla que Lyse était à mes côtés, lorsque je m’endormis, sa lettre serrée entre mes bras.